: FO CASVP - Le syndicat des Personnels du Centre d'Action sociale de la Ville de Paris: TRAVAILLEURS SOCIAUX CASVP / DASES BOUGEONS-NOUS !

vendredi 23 janvier 2015

TRAVAILLEURS SOCIAUX CASVP / DASES BOUGEONS-NOUS !




TOUS ET TOUTES À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE POUR FAIRE RESPECTER
NOTRE DÉONTOLOGIE DONT NOUS SOMMES LES PREMIERS RESPONSABLES.

NOUS, LES TRAVAILLEURS SOCIAUX ACTEURS ET RESPONSABLES DE NOTRE MÉTIER, NOUS NOUS RASSEMBLERONS LE LUNDI 9 FÉVRIER 2015 POUR COMBATTRE TOUTES CES DÉRIVES ANTI-SOCIALES ET EXIGEONS IMMÉDIATEMENT L’ARRÊT DU LOGICIEL ISIS ET DE LA CONVENTION AVEC LE PÔLE EMPLOI.

FO CONVIE TOUS LES TRAVAILLEURS SOCIAUX CASVP/DASES À UNE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
LE LUNDI 9 FÉVRIER 2015 DE 14H À 17H
À LA BOURSE DU TRAVAIL 3, RUE DU CHÂTEAU D’EAU : MÉTRO RÉPUBLIQUE : SALLE EUGENE VARLIN.
(voir lettre ouverte adressée à la maire de Paris).


Madame la Maire de Paris,

Aujourd’hui, plus que jamais, et vous en conviendrez, l’attachement aux valeurs de la République,  notamment à l’essentiel droit au respect de toutes et de tous, impose une vigilance de chaque instant.

Ainsi, pour les travailleurs sociaux et d’une manière plus générale pour tous les personnels de la DASES, du CASVP, bref pour tous les agents des services publics parisiens, l’égalité des droits, le respect des usagers sont des valeurs primordiales, non négociables.

Les usagers des  services sociaux, dont on ne parle trop souvent qu’en termes de statistiques (Convention Département de Paris/pôle emploi, Logiciel ISIS…), sont avant tout des personnes :  des enfants, des femmes, des hommes, qui se voient aujourd’hui,  honteusement et scandaleusement  insultés, méprisés, privés de leur droit au respect de la vie privée,  par des hauts fonctionnaires , chargés de surcroît, de l’action sociale et de la solidarité à Paris.

 En effet, après avoir essentiellement œuvré au cours des deux dernières années en qualité  de V .R .P   du logiciel ISIS, pour lequel  FO exige un arrêt immédiat  ,ces hauts fonctionnaires viennent de  découvrir que le chômage  à PARIS  est de la faute des chômeurs   Parisiens !
 C’est du moins  la démonstration  qui ressort du power point de présentation de la nouvelle convention d’orientation avec Pôle emploi.  Le postulat est connu, c’est celui du MEDEF. IL   s’agit de faire  dégager  la responsabilité du chômage sur le chômeur lui-même, en identifiant et en dévoilant ses freins à l’employabilité.

 Ainsi,  tout est   allègrement inversé.  Si la personne est privée d’emploi, c’est de sa faute, elle  n’est même pas « foutue »  d’avoir un logement, de s’entendre avec sa famille,  et même  d’avoir suffisamment d’argent pour se déplacer, se soigner   ou nourrir ses enfants … Relayant ainsi les thèses les plus réactionnaires, ces hauts fonctionnaires se lâchent et   qualifient ces freins  «  les 7 familles », comme dans un jeu de « société ».   Mais pourquoi pas les  7 plaies d’Égypte ?

 Madame La Maire, plus raisonnablement, il est vrai que les demandeurs doivent être conseillés,    parfois  concernant la présentation, la rédaction du CV, le choix de la formation par le pôle emploi . Et, il est également  évident que certaines personnes souffrant d’une pathologie particulière ne pourront trouver du travail.  Mais est-ce une raison pour masquer la réalité ?  La responsabilité  du chômage ne relève-t-elle pas  principalement et avant tout de choix politiques ?

  Ces personnes privées d’emploi,  ces hauts fonctionnaires les  appellent « D .E » (voir PowerPoint  page 5), témoignant l’absence de considération envers elles. Les travailleurs sociaux les accueillent quotidiennement. Ce ne sont pas des « DE », mais  des personnes seules, des mères isolées ou encore des familles, la liste est longue. Ces personnes sont confrontées à des difficultés sociales, dues en grande partie à l’absence d’un emploi.  Voulez-vous vraiment qu’on leur souligne que c’est de leur faute, si leur vie est souvent très  pénible ?
 Notre syndicat est pourtant favorable à l’accueil des conseillers emploi   au sein des services, mais dans des conditions respectant les missions de chacun (secret professionnel des sociaux)  et apportant une relation simplifiée avec le collègue de pôle emploi. Au cours des derniers mois, le dispositif pôle emploi dédié aux personnes bénéficiaires du RSA a été reconnu comme fluide et efficace. Pourquoi  ne pas s’en inspirer ?

Ces procédures  et logiciels opaques et compliqués (convention pôle emploi, ISIS…), qui dénaturent   le travail social, et plus grave, portent préjudice aux usagers sont, oui Madame la Maire, en totale contradiction avec les valeurs de la République.

Madame la Maire, les travailleurs sociaux, soutenus par notre organisation syndicale, ne peuvent se faire les complices de ceux qui bafouent les valeurs essentielles de la République en imposant des dispositifs et des procédures volontairement déshumanisantes. Pourtant, nous avons cru comprendre à travers certaines de vos déclarations, que vous étiez hostile à tous ces « trucs qui n’ont pas servi à grand-chose ».

Vous avez raison ! Nous, les travailleurs sociaux, nous pouvons témoigner. Toutes ces procédures et surtout le logiciel ISIS, ont pris le pouvoir sur les valeurs essentielles du travail social fondées sur le respect élémentaire de chacun. 
Hier, comme aujourd’hui, les travailleurs sociaux ne sont pas dupes et refusent toute manipulation et instrumentalisation (ISIS, protocoles pôle emploi,  listings, statistiques…) contraires à l’essence même de leur éthique et de leur déontologie.
Nous nous permettons de rappeler que les Assistants de service social sont soumis au secret professionnel : 

Les assistants de service social et les étudiants des écoles se préparant à l'exercice de cette profession sont tenus au secret professionnel dans les conditions et sous les réserves énoncées aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal.
La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende
Nous les travailleurs sociaux acteurs et responsables de notre métier, nous nous rassemblerons le jeudi  12 février  pour combattre toutes ces dérives anti sociales et exigeons l’arrêt immédiat du logiciel ISIS et de la convention avec le pôle emploi.

Je vous assure, madame la maire de Paris, de ma parfaite considération.